Confrérie Saint-Christophe à Herseaux-gare

La Confrérie Saint-Christophe de la paroisse du Christ-Roi à Herseaux-Gare organise une bénédiction annuelle des véhicules,  chaque dimanche de la Trinité, c’est-à-dire une semaine après la Pentecôte.

Une petite dizaine de bénévoles veille à son bon déroulement, notamment en assurant le fléchage puis en accueillant les véhicules qui accomplissent la boucle conventionnelle d’un bon kilomètre, dans la campagne environnante, avant de passer devant l’église où un prêtre procède à la bénédiction individuelle de chaque véhicule.

Philosophie

Alain Verlinden, membre de la Confrérie depuis 1980 et qui la préside depuis 2007, à la suite de René Vantomme, a toujours à cœur de préciser le sens de la démarche proposée et qui a sans doute évolué depuis sa création en 1936: « Cette bénédiction n’est pas une « assurance multirisques» : la bénédiction ne préservera pas d’un accident. Il s’agit plutôt d’une démarche de Foi par laquelle les Chrétiens se placent sous la protection de la Providence mais s’engagent avant tout à adopter une attitude responsable et respectueuse au volant. Ce n’est qu’à l’issue de ce préalable que la démarche prend du sens et peut s’insérer dans une philosophie chrétienne. De nombreux jeunes, souvent à la suite de leurs parents, restent fidèles à ce pèlerinage. Les 500 familles affiliées prouvent que l’initiative répond encore à une attente et nous encouragent à poursuivre l’œuvre entamée

Modalités pratiques

Une contribution financière modique permet d’intégrer la Confrérie. Elle est fixée à 3€ par véhicule motorisé et 1,50€ par vélo ou piétons. Elle est perçue sur place le jour-même de l’événement ou peut être virée au compte bancaire BE29 0682 0232 6364, en précisant le nom et l’adresse du cotisant. L’argent récolté couvre les frais d’organisation : impression et envoi des invitations, autocollant souvenir et célébration de messes tout au long de l’année à l’intention des usagers de la route. Le surplus alimente un fonds destiné aux frais d’entretien des bâtiments paroissiaux.

Le pèlerinage débute par une messe à 9H30. Dès 8H30, un service d’ordre est en place pour accueillir les premiers véhicules et les ranger sur le parking qui fait face à l’église. Vers 10H15, à la fin de la célébration eucharistique, jusque 11H45 environ, débutent le défilé et la bénédiction des véhicules. Les vélos se placent en tête du cortège, face à l’église. Les automobilistes qui n’ont pas assisté à la messe effectuent une boucle fléchée par les rues de la Citadelle, Tranquillité, Roussellerie et Audenarde où ils passent devant le prêtre. Le chauffeur est invité à allumer ses phares afin d’aider les organisateurs à distinguer les pèlerins des gens de passage sur cette artère fréquentée qu’est la rue d’Audenarde.

Contexte historique

C’est par privilège épiscopal que fut instaurée, en 1937, année de la consécration de notre église, la Confrérie de Saint-Christophe. Si son objet était la propagation du culte du saint protecteur des usagers de la route, il avait aussi une fonction pécuniaire : aider au financement de l’édification du nouveau bâtiment religieux. Dans les années septante, la Confrérie se mue en une asbl dont les statuts confirmeront cette vocation, à savoir le soutien des œuvres et institutions de la paroisse du Christ-Roi ainsi que l’entretien des locaux paroissiaux. En 1985, afin d’alléger la lourdeur administrative que cela implique, les décideurs  décident de la dissoudre au profit d’une association de fait, statut qui s’est maintenu depuis. 

Le pèlerinage a connu son apogée dans les années 60 avec la multiplication des véhicules automobiles. Son déroulement était spectaculaire avec des centaines de voitures à l’arrêt qui dessinaient un long ruban dans la campagne herseautoise. Il se prolongeait parfois jusque dans la rue de la Citadelle. Les agriculteurs y amenaient leurs tracteurs, certains entrepreneurs leurs camions. Malgré l’abandon progressif de la pratique religieuse, de nombreux fidèles restent attachés à cette tradition puisqu’en 2021, ce sont un peu plus de 500 familles qui cotisaient toujours à la Confrérie. L’assistance à la messe du pèlerinage se réduit malheureusement comme peau de chagrin. Plusieurs centaines de véhicules sont malgré tout passés à la bénédiction, soit le jour-même, soit le lendemain puisqu’une séance de rattrapage est prévue, le lundi en fin d’après-midi, pour ceux qui n’auraient pu se libérer le dimanche.